La plus blanche et la plus raffinée des farines françaises courantes. Très pauvre en son, elle sert d'abord la pâtisserie fine. Dans une version « forte » (gruau), elle peut convenir à la pizza et se rapproche alors d'une Tipo 00.
Quelle farine pour la pâte à pizza ? Le guide des types de farine (00, T45, T55…)
C'est l'ingrédient dont on ne parle jamais et qui décide de tout : croustillant, moelleux, digestibilité. Tipo 00, T45, T55, force W, taux de protéines — on ouvre le sac de farine et on vous explique pourquoi le choix de la farine fait, ou défait, une bonne pizza.
Quelle farine pour la pâte à pizza ? La référence reste la Tipo 00 italienne, une farine très finement moulue ; en France, son équivalent accessible est une T45 ou T55 forte. Le chiffre (00, T45, T55) indique la finesse de la mouture et le raffinage, pas la puissance : ce qui compte vraiment, c'est le taux de protéines et la force (W), qui décident de la capacité de la pâte à retenir l'eau, à gonfler et à tenir une longue fermentation. Une farine forte convient aux pâtes longuement reposées et à la cuisson au feu de bois ; une farine plus faible suffit à une pâte rapide. La bonne farine, associée à un long repos, rend la pizza plus légère et plus digeste. À la maison, une T55 forte, une hydratation d'environ 60 à 65 % et beaucoup de patience donnent déjà une excellente pâte — le reste tient au four très chaud et au tour de main du pizzaïolo.
La farine, ingrédient invisible mais décisif
Quand on parle d'une bonne pizza, on cite la mozzarella fondante, la tomate San Marzano, le basilic, la braise. On oublie presque toujours l'ingrédient qui fait tout le reste tenir debout : la farine. Elle représente pourtant l'essentiel de la pâte, et une pâte, c'est près de la moitié de ce qu'on mange. Se tromper de farine, c'est condamner une pizza avant même d'avoir allumé le four.
Le problème, c'est que le rayon « farine » ressemble à un code secret : Tipo 00, T45, T55, T65, « farine de gruau », « farine spéciale pizza », des mentions de force et de protéines en petits caractères. Rien n'indique clairement laquelle choisir. Ce guide n'est pas une recette de plus : c'est le décryptage, côté artisan, de ce qui se joue vraiment dans le sac de farine. Comprendre ces repères, c'est comprendre pourquoi une croûte est croustillante ou molle, aérée ou compacte, digeste ou lourde.
Pourquoi la farine change tout
Tout se joue sur trois propriétés de la farine : sa capacité à former du gluten, son absorption d'eau et la tenue qu'elle donne à la pâte. Ce sont elles, bien plus que la marque ou le prix, qui décident du résultat dans l'assiette.

- Le glutenAu contact de l'eau et sous le pétrissage, les protéines de la farine forment le gluten : un réseau élastique qui emprisonne les gaz de la fermentation. Plus il est solide, plus la pâte gonfle et garde sa forme.
- L'absorption d'eauUne farine riche en protéines boit davantage d'eau. Cette hydratation supérieure donne une mie plus alvéolée, un bord plus aéré, et une pâte qui reste souple après cuisson.
- La tenueUne farine forte supporte un long repos sans se relâcher ni coller. Une farine faible s'effondre : la pâte se déchire à l'étalage et refuse de se développer au four.
Comprendre les types de farine
Italie et France ne parlent pas la même langue quand il s'agit de farine. Les deux systèmes mesurent en réalité la même chose — le degré de raffinage — mais avec des chiffres inversés qui prêtent à confusion. Voici comment les lire, et surtout comment passer de l'un à l'autre.
La classification italienne : 00, 0, 1, 2
En Italie, le chiffre décrit la finesse de la mouture. La Tipo 00 est la plus fine, une poudre soyeuse débarrassée du son et du germe ; viennent ensuite la 0, la 1 puis la 2, de plus en plus complètes, jusqu'à la farine intégrale. Plus le chiffre est bas, plus la farine est blanche et raffinée. La 00 domine la pizza napolitaine parce qu'elle donne une pâte lisse, extensible et facile à travailler à la main — mais, à elle seule, elle ne dit rien de la force de la farine.
La classification française : T45, T55, T65 et leurs équivalences
En France, le « T » mesure le taux de cendres, c'est-à-dire ce qu'il reste de minéraux et de son après combustion. Ici, le chiffre monte quand la farine devient plus complète : la T45 est la plus blanche, la T150 est intégrale. En clair, une T45 française se rapproche d'une Tipo 00 italienne, et une T55 d'une 0. Ce sont des équivalences approximatives — les deux systèmes ne se recouvrent pas parfaitement — mais elles suffisent pour s'y retrouver au magasin.
La farine polyvalente par excellence, celle du placard. Un peu plus riche en minéraux que la T45, elle donne d'excellents résultats en pizza pour peu qu'on choisisse une version à bon taux de protéines. Le meilleur point d'entrée à la maison.
Plus rustique, elle conserve davantage de son et de saveur. Elle apporte du caractère et une belle mâche, appréciée pour les pâtes à longue fermentation, mais demande un peu plus de tour de main pour rester souple.
La notion de force (W) et le taux de protéines
Voici le vrai secret, celui qui n'apparaît pas toujours sur le paquet : la force boulangère, notée W. Elle mesure la résistance et l'extensibilité de la pâte, donc sa capacité à supporter l'hydratation et le temps. Une farine faible (W autour de 180-220) convient à une pâte rapide ; une farine forte (W de 280 à 350 et plus) tient une longue fermentation sans faiblir. Cette force est directement liée au taux de protéines : en dessous de 11 %, la farine reste tendre ; au-delà de 12-13 %, elle devient une farine de caractère, taillée pour la pizza. Retenez ceci : le numéro (00, T55) parle de finesse, le W et les protéines parlent de puissance. C'est cette seconde donnée qui compte le plus.
La farine 00, la reine de la pizza
Si une seule farine devait incarner la pizza, ce serait la Tipo 00. Sa mouture ultra-fine donne une pâte d'une souplesse rare : elle s'étale à la main sans se déchirer, se manipule avec plaisir et forme une croûte régulière. C'est la farine des pizzaïolos napolitains depuis des générations, et ce n'est pas une simple tradition — c'est un choix technique.
Mais attention au malentendu : « 00 » ne veut pas dire « forte ». Il existe des Tipo 00 faibles, bonnes pour des pâtes minute, et des Tipo 00 puissantes, à W élevé et riches en protéines, conçues pour les longues fermentations et la chaleur extrême d'un four à bois. C'est cette dernière catégorie qu'on cherche pour une vraie napolitaine : une farine capable de retenir les gaz pendant de longues heures de repos, puis d'exploser en un bord gonflé et alvéolé lorsqu'elle rencontre la sole brûlante.
Quelle farine pour quel style de pizza
Il n'y a pas une farine « meilleure » dans l'absolu, mais une farine adaptée à un style et à une méthode. Le bon réflexe, c'est d'accorder la farine au résultat visé et au temps qu'on est prêt à donner à la pâte.
La napolitaine : une 00 forte
Bord haut et moelleux, cœur fin, cloques dorées : la napolitaine exige une Tipo 00 forte, à W élevé, longuement fermentée. Seule une farine puissante encaisse à la fois plusieurs heures de repos et la cuisson éclair à très haute température sans s'affaisser. C'est l'alliance de la bonne farine et du feu vif qui fait le bord caractéristique.
La pâte fine et croustillante : force modérée, cuisson chaude
Pour une pâte fine et cassante, façon romaine, on cherche moins de hauteur et plus de croquant. Une farine de force modérée, une hydratation maîtrisée et une cuisson bien chaude suffisent à obtenir une base craquante qui ne se ramollit pas sous la garniture. Ici, l'étalage très fin compte autant que la farine elle-même.
La longue fermentation : une farine de caractère
Dès qu'on laisse reposer la pâte 24, 48, voire 72 heures, seule une farine forte tient la distance. Une farine faible se « dégraderait » : le gluten se relâche, la pâte devient collante et impossible à travailler. Le long repos et la farine puissante vont de pair — c'est un couple, pas deux réglages indépendants. Et c'est aussi ce couple qui prépare le terrain de la digestibilité, qu'on aborde plus bas.
Croustillant ou moelleux : la farine décide
C'est la question qui revient le plus souvent : « quelle farine pour une pâte croustillante, quelle farine pour une pâte moelleuse ? » La réponse honnête, c'est qu'une même farine forte peut donner l'un ou l'autre. La texture finale dépend autant de l'hydratation, de l'étalage et de la cuisson que du sac de départ.
Le croustillant vient d'une pâte fine, bien hydratée et cuite très chaud : la surface se dessèche juste ce qu'il faut et claque sous la dent. Le moelleux, lui, naît d'un bord plus épais, d'une pâte gonflée par une longue fermentation et d'une farine assez riche en protéines pour retenir tous ces gaz. Le paradoxe d'une bonne napolitaine, c'est justement de réunir les deux : un cœur fin et souple, un bord aéré et un dessous légèrement croustillant.
La farine pose le potentiel ; la main du pizzaïolo et le feu décident du reste.

Farine, repos et digestibilité
« Cette pizza est lourde », « elle m'est restée sur l'estomac » : ces impressions n'ont presque jamais à voir avec la garniture. Elles viennent de la pâte — plus précisément du couple farine + temps de repos. Une bonne farine forte, longuement fermentée, se digère bien mieux qu'une pâte faite vite avec une farine faible et une dose de levure élevée.
Ce qui allège
- Une farine forte, riche en protéines
- Une longue fermentation, lente et au frais
- Une dose de levure réduite au minimum
- Une pâte bien pétrie, au gluten développé
- Une cuisson rapide à très haute température
Ce qui alourdit
- Une farine faible poussée trop vite
- Une pâte à peine reposée, « minute »
- Un excès de levure pour accélérer
- Une pâte épaisse et mal dégazée
- Une cuisson tiède qui laisse la pâte crue au cœur
Pourquoi ? Parce que le long repos laisse aux enzymes de la farine le temps de commencer à transformer l'amidon et à assouplir le gluten. La pâte est en quelque sorte « pré-digérée » avant même d'être mangée. C'est tout l'enjeu du temps de levée de la pâte à pizza : la farine fournit la matière, le repos la rend légère. L'un ne va pas sans l'autre.
Peut-on faire une bonne pâte à la maison ?
Oui, sans hésiter — et il serait malhonnête de prétendre le contraire. Avec une T55 forte ou une Tipo 00, une hydratation autour de 60 à 65 %, une pincée de sel, très peu de levure et un long repos au réfrigérateur, on obtient à la maison une pâte dont on peut être fier. Le matériel n'est pas l'obstacle : les mains suffisent, la patience fait le reste.
Là où l'écart se creuse, c'est au moment de la cuisson. Un four domestique plafonne bien en dessous des 450 °C d'un vrai four à bois : la pizza cuit plus longtemps, le bord gonfle moins, et ce léger parfum de braise reste inatteignable. À cela s'ajoute le tour de main — savoir lire la pâte, sentir quand elle est prête, l'étaler sans la déchirer, maîtriser la flamme. C'est le métier du pizzaïolo, et c'est précisément ce qui sépare une belle pâte maison d'une pizza d'artisan. La bonne nouvelle : faire sa pâte chez soi donne une immense reconnaissance pour celle qu'on déguste au restaurant.
Notre pâte, pétrie sur place à Pontoise
Chez Vecchio Forno Pontoise, la farine n'est pas un détail qu'on délègue. Notre pâte est pétrie sur place et laissée à maturation avant d'être étalée à la main, recette après recette. C'est ce choix — une farine adaptée, un vrai temps de repos, le refus de la pâte minute — qui donne une croûte à la fois légère et gonflée une fois passée sous la voûte de brique.

- Une farine choisieAssez forte pour tenir la maturation et exploser à la chaleur — la base d'un bord aéré et d'une croûte qui ne retombe pas.
- Un vrai reposOn ne triche pas sur le temps, même quand le service s'enchaîne. C'est lui qui rend la pizza légère et digeste.
- Étalée à la mainPas de rouleau qui écrase les alvéoles : la pâte est ouverte au doigt, puis garnie et enfournée dans la foulée. Toutes nos viandes sont par ailleurs 100 % halal.
Les questions qui reviennent
C'est quoi la farine 00 exactement ?
La Tipo 00 est le degré de mouture le plus fin de la classification italienne : le grain de blé est réduit en une poudre soyeuse, presque impalpable, débarrassée du son et du germe. Le « 00 » ne dit rien de la force de la farine, seulement de sa finesse : c'est une farine blanche, très raffinée, qui donne une pâte lisse, élastique et facile à étaler à la main. C'est la base historique de la pizza napolitaine, mais toutes les 00 ne se valent pas — leur teneur en protéines et leur force W varient d'un moulin à l'autre.
Quelle différence entre la farine T45 et la T55 ?
En France, le « T » suivi d'un nombre mesure le taux de cendres, c'est-à-dire la quantité de son résiduel : plus le nombre est bas, plus la farine est blanche et raffinée. La T45 est la plus blanche, souvent réservée à la pâtisserie ; la T55 est la farine « ménagère » polyvalente, un peu plus riche en minéraux. Pour la pizza, la T55 est un bon compromis accessible, tandis qu'une T45 forte peut approcher le rendu d'une Tipo 00. La différence tient plus à la force et aux protéines qu'au simple numéro.
Faut-il vraiment une farine spéciale pizza ?
Non, aucune loi n'impose une farine estampillée « pizza ». Ces farines sont surtout des mélanges calibrés pour offrir une bonne force et une hydratation confortable au débutant. Ce qui compte réellement, c'est le taux de protéines et la force W adaptés à votre temps de repos : une farine trop faible ne tiendra pas une longue fermentation. Une bonne T55 forte ou une Tipo 00 de qualité font parfaitement l'affaire, à condition d'ajuster le temps de levée.
Quelle farine pour une pâte à pizza croustillante ou moelleuse ?
Le croustillant vient d'une pâte fine, bien hydratée et cuite très chaud, sur une farine plutôt forte qui structure la croûte. Le moelleux, lui, naît d'une pâte plus hydratée, d'un long repos et d'une farine riche en protéines capable de retenir les gaz de fermentation : c'est ce qui donne le bord aéré et alvéolé de la napolitaine. En pratique, une même farine forte peut donner l'un ou l'autre selon l'hydratation, l'étalage et la cuisson.
Quelle farine pour une vraie pizza napolitaine ?
La napolitaine réclame une Tipo 00 forte, riche en protéines et à force W élevée, capable de supporter une longue fermentation et la chaleur brutale d'un four à bois. C'est cette combinaison qui produit un bord gonflé, souple et marbré de cloques dorées, cuit en quelques dizaines de secondes. Une farine faible s'effondrerait sous une telle chaleur et un tel temps de repos.
Peut-on faire une bonne pâte à pizza à la maison ?
Oui, tout à fait, à condition d'accepter le temps. Une T55 forte ou une Tipo 00, une hydratation autour de 60 à 65 %, un peu de sel, très peu de levure et surtout un long repos au frais font déjà une excellente pâte. Le vrai écart avec l'artisan tient au four : un four domestique monte rarement à 450 °C. Le savoir-faire du pizzaïolo — le pétrissage, la lecture de la pâte, la maîtrise du feu — reste difficile à reproduire, mais une belle pâte maison est à la portée de tous.
Pour prolonger la lecture
Une pâte pétrie sur place, cuite au feu de bois
La théorie, c'est bien ; la croûte gonflée dans l'assiette, c'est mieux. Découvrez notre carte de pizzas au feu de bois et commandez la vôtre à Pontoise, à emporter ou en livraison.
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